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Plus de deux mois que je n'ai rien écrit, blogueuse paresseuse que je suis, tiens ça rime... Faut dire que j'ai été tellement occupée à vivre que je n'ai pas eu le temps de faire autre chose! La montagne, quand il y a abondance de soleil, pile à la bonne température alors que je pourrais griller en plaine dans un appartement remarquablement dépourvu de courants d'air (non-traversant et plein sud si vous voulez tout savoir), ça ne fait pas un pli, c'est là que je dois être. J'adore fourrer dans mon sac ado (oui, il est neuf à jamais) quelques affaires pour la nuit et filer sans but précis, m'arrêtant quand mes pieds crient grâce, si possible devant une auberge accueillante. Ma dernière escapade fut du côté d'Anzeindaz, dans les Préalpes vaudoises. J'ai mis le cap sur Derborence (ah, Ramuz) mais l'orage menaçait, j'ai obliqué sur le col des Essets et me voilà juste avant l'ondée du soir à la Vare, un charmant petit gîte "sur la paille", plein de fleurs, de tartes exquises et de brebis, où l'on dîne délicieusement, en échangeant jusque tard dans la nuit sur les choses de la vie. Et le lendemain tôt,

Ca rebooooouuuuuge!

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Après un voyage en Bretagne et un autre en Norvège pour suivre un enseignement décapant à la Azamé - clin d'oeil à ceux qui ont déjà lu Eternelle! - me lavant le mental à défaut du corps dans les fjords et lacs glaciaux (photo), voilà qu'en mon absence, et donc un lâcher-prise vraiment sérieux... le bouche à oreille s'est mis de la partie: les ventes redémarrent!*
Et moi, j'ai enfin compris, et surtout intégré, qu'on peut poser les intentions qu'on veut, si on a l'audace d'expliquer à notre Soi supérieur comment les choses doivent se dérouler... eh bien ça le gonfle! Ou plutôt, dans le respect qu'il a pour nous, le simple humain, il se retire poliment vu qu'on a l'air de tout mieux savoir que lui, et n'en fiche plus une. C'est exactement ce qui s'est passé. J'ai posé l'intention d'un grand succès qui m'ouvrirait de multiples portes (dont celles d'un producteur de films, tant qu'à faire!), mais après cela j'ai voulu tout gérer, n'ai laissé

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J'avais eu beau frimer en février sur mon lâcher-prise, eh bien, il y avait encore un peu de taf... Récapitulatif d'un passage délicat.

Malgré l'enthousiasme de la majorité des lecteurs d'Eternelle*, il y a quelques semaines, les ventes se sont complètement taries. Quelque chose bloquait sérieusement et mon moral prenait la tangente.
- Demande-toi pourquoi tu crées cela, s'écria soudain le Maître tapi en moi. Si quelque chose dans ta vie te dérange mais subsiste, c'est que tu y trouves ton compte. Sinon, ce ne serait pas là.
J'ai soupiré. En étant très très très honnête avec myself, c'est vrai que j'avais profondément besoin de tranquillité, de ne plus rendre de comptes à personne, bref de décrocher.
- D'abord, c'est quoi pour toi, le succès? questionne-t-il en se calant dans le confortable hamac qu'il a suspendu au sein de ma petite personne pour profiter en spectateur de mes expériences humaines.

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J'ai tremblé comme une feuille (de papier) pendant que deux Jacques - pas n'importe lesquels - lisaient simultanément Eternelle. Que mon papa, mes amis, quelques hypersensibles et autres indigos saluent avec enthousiasme un roman aussi atypique, c'est une chose (déjà fabuleuse, merci à eux !), mais quand deux personnalités reconnues en Suisse romande et bien au-delà comme le philosophe, écrivain et ancien recteur du collège Saint-Michel Jacques de Coulon ou le fondateur de l'Hebdo et du Nouveau Quotidien Jacques Pilet, journaliste des journalistes, me demandent de leur soumettre mon bébé... J'ai passé 15 jours à me torturer : vont secouer des têtes navrées devant ces histoires de défunts communiquant via des médiums, détester l'héroïne qui épingle religions et médias, s'énerver devant des personnages affirmant sans détour qu'on crée notre réalité, bref me prendre ouvertement pour la cinglée que je n'ai jamais cessé d'être... incroyable ce que le mental d'une nana comme moi peut bâtir comme scenarii, de préférence à l'heure du foie !

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L'indé de base (auteur-éditeur donc) dispose d'un outil perfide: il peut suivre au jour le jour l'évolution de ses ventes. Sûrement grisant pour les caracolants Jacques Vandroux ou Rebecca Greenberg, mais pour l'auteure d'Eternelle, dont les seuls pics sont des auto-achats (afin de constituer un stock en vue des causeries), mieux vaut ne consulter que très épisodiquement cette loupe virtuelle. Certes la moyenne des ventes de la prunelle de mes yeux a doucement passé d'un exemplaire tous les deux jours à un par jour, ce qui en terme de pourcentage constitue une faste (!) progression, mais pour une rêveuse persuadée qu'elle vivrait désormais de sa plume, à l'instar de Jean-Philippe Touzeau ou Agnès Martin-Lugand, il y a un pas... que j'ai franchi brutalement hier, trébuchant sur le seuil de mon garagiste.

Aïe !

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Je viens de recevoir ma première critique VRAIMENT mitigée! La blogueuse Sagweste, une des rares ouvertes aux auteurs indépendants (merci !) a certes aimé la première partie du livre, mais nettement moins la seconde, qui selon elle fait d'Eternelle "un roman initiatique un peu moralisateur qu'elle n'était pas du tout venue chercher" au lieu du feel good book * auquel elle attendait d'après la couverture. "Dommage, il aurait pu faire un best-seller", m'a-t-elle encore confié par la suite.

Sur le moment, ça fait mal évidemment. Oubliant toutes les bonnes critiques précédentes (un peu comme ces gens qui reviennent de vacances en rapportant que la météo a été horrible... après 2 jours de pluie sur 12 !), la serial-douteuse que je suis s'est effondrée :
- Tu croyais avoir réussi à faire passer un message roboratif sans te poser en donneuse de leçon ? Eh bien c'est raté ! Ton bouquin est un chef d'oeuvre... de manipulation !
En auto-éditée consciencieuse, j'ai relu la deuxième moitié pour voir si je pouvais le rééditer en version plus light... Mais l'idée me tordait le bide alors j'ai chaussé mes raquettes et filé en montagne pour quelques heures. 

Patron, une tournée!

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"Bidouillez votre CV!" Une formule de l'irrévérencieux Franck Lopvet, pour illustrer le fait que l'on crée à chaque instant sa réalité. Lui même est devenu clairvoyant... sitôt qu'il a eu le culot d'animer un atelier destiné à initier les participants à cet art-là!

J'ai pensé à lui en répondant à l'invitation des nouvelles responsables de Déclics et Cie de venir donner une série de causeries autour de mon livre, moi qui n'avait jusqu'ici fait que présenter timidement des intervenants ou bafouillé des flashes d'info à l'antenne de la Radio Romande.

La préparation a été costaude: 6 semaines à compiler l'importante doc* que j'avais réunie pour écrire le livre, à laquelle s'est ajoutée la lecture des bouquins les plus récents parus sur la nature de la conscience et l'après-vie, et le décryptage de quelques recherches scientifiques. C'est que je voulais que mes auditeurs en aient pour leur prix d'entrée et repartent nourris comme des oisillons.

Coups de pouce...

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Il y a quelques semaines, je me suis immergée dans un trend du plus pur style Calimero "- Bouh, mon livre ne marche pas alors que j'ai fait tout ce qui faut pour !" Mon maître (alias la part de moi qui Sait) posait un oeil amusé sur l'humaine s'agitant telle un asticot, tourmentée par le principe no 1 du marketing: "les gens doivent avoir vu 5 à 7 fois votre produit pour que l'acte d'achat se produise" et la peur subséquente d'en faire trop. La dite humaine finit par atterrir au fond de son lit, frégate exténuée par son vain combat...
Le maître a attendu le quatrième jour d'arrosage d'oreiller pour se manifester :
- Alors, Fifille, tu me laisses aux commandes maintenant?
J'ai tout de suite reconnu son ton, clair, net, impérieux. Le même qui m'inspirait si souvent, quand je butais sur un passage particulièrement gratiné lors de l'écriture d'Eternelle. On causait beaucoup ensemble à l'époque, dans des sortes de dialogues sur papier; je lui demandais parfois de pratiquer l'espionnage industriel pour me ramener des infos sur "comment Christine avait résolu le problème dans le futur". Ca fonctionnait au poil : je me réveillais immanquablement le lendemain avec la solution.
Alors j'ai laissé mon maître aux commandes.

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Un petit point, six semaines après la première publication... Eh bien: l'expérience n'est pas facile-facile !
Je sais bien qu'on crée sa réalité, c'est même un des thèmes récurrents d'Eternelle, mais en ce cas, j'ai créé fort ! Après avoir corrigé les coquilles qu'on ne découvre que lorsque le livre existe en encre et en papier (sigh...), j'ai décidé d'améliorer la mise en forme du BB. Des centaines d'heures encore à « converser » avec les robots d'Amazon et de Lulu. Pas une sinécure d'adapter le texte au format de la page ni d'ajuster la couverture à la taille du livre. Exemple de ce qui peut arriver : écrit publié en tout petits caractères (photo ci-dessous), heureusement limité à 15 exemplaires dont 13 ont pu être récupérés par l'auteur. Comme dans les instructions de montage Ikea, autoéditer son livre c'est simple en théorie, mais en pratique, on donne dans le rubicube à 5 faces (enfin, surtout pour ceusses de ma quinqua-génération). Ensuite, il s'agit de commander les livres en gros pour servir ceux qui ne supportent pas Amazon (de ma génération aussi). Et cela non plus, ça n'a rien de fluide. Dernier colis en date: 25 livres (enfin 24, l'un volé au passage, ce qui pourrait être considéré comme flatteur), 5 très abîmés, et 12 cornés comme si on avait dormi dessus... 
Autre joie de l'édition indépendante : après un mailing de plus de 5'000 adresses, mille dépliants dispatchés, l'info abondemment diffusée sur FB et le plaisir de recevoir des wagons de réactions enthousiastes, devinez combien de livres se sont écoulés en 6 semaines ? 60 ! Voui, soixante. Voilà qui rend humble la nana qui se voyait déjà co-scénariste de David Lynch ! Les 2'300 de mon précédent ouvrage écoulés chez Favre me paraissent soudain nirvanesques ; plus humblement encore, les éditeurs remontent dans mon estime à altitude himalayenne: quel sacerdoce !

Le traaaaac !

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Bon sang, les peurs qui émergent, maintenant qu'Eternelle est mis en ligne, accessible à tous ! Les questions tournent en boucle, de préférence vers les trois heures du matin :

Une fôt dortograf ne se serait-elle pas glissée en première page ? N'ai-je pas poussé trop loin le bouchon en évoquant la mort avec tant d'autodérision, comment mes lecteurs-trices vont-ils se sentir en lisant ces écrits impertinents? Quid de mes ex-amours et collègues, quid de mes proches que j'ai « utilisés » comme personnages de base ? (Du temps où je chroniquais régulièrement, j'avais parfois blessé involontairement des amis)...
Certes, l'âge venant, la peur du qu'en dira-t-on a disparu, mais la voilà remplacée par une autre trouille, celle d'être incomprise. C'est que je me montre toute nue dans Eternelle, enfin, dans ma vérité. Si j'ai réécrit quinze fois ce roman, c'est qu'il en a fallu du temps jusqu'à que le récit la reflète suffisamment, que j'OSE aller jusqu'au bout.
Et quand j'ai déclenché le feu vert, tout début août, après l'avoir relu d'une traite enfin satisfaite, j'ai réalisé aussi combien j'avais mis de moi-même dans le personnage de la défunte Cléo. Est-il prudent de jouer avec cela, ne vais-pas perdre une roue de vélo fatale lors de ma prochaine descente de la rampe de Saint-Jean ? N'est-ce pas imprudent d'exhiber ainsi les petits dessous de son âme, quand on a été élevée au lait du calvinisme genevois ?

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Ancienne chroniqueuse presse écrite, j'ai toujours léché mes textes comme une oursonne ses petits : elles devaient être faciles à lire, simples, efficaces, donc ripolinées... Parfait pour une chronique de 1000 signes, mais pour un bouquin de 500'000, voilà une toute autre histoire. Je planchais déjà sur le livre depuis des années, à l'instinct, dans la fougue de coucher sur papier tout ce qui m'animait, mes découvertes... Puis je me suis libérée de toutes mes obligations, pensant régler l'affaire en six mois d'écriture intensive. Bernique ! Dix-huit mois plus tard, j'y sue encore, car si c'est déjà une chose d'avoir un chapitre qui tienne debout, encore faut-il qu'il corresponde avec les autres. Ben oui, ma fille, c'est un métier, écrivain ! Chaque fois que je relisais la fin je réalisais à quel point le début clochait, et réciproquement. Sans compter les redites, les clichés, les adverbes, les lourdeurs...

Ah, la grâce des relecteurs ! Aujourd'hui, j'ai presque honte de ce que j'ai fourré sous le nez de ma première courageuse relectrice, Agnès. Mais quelle chance d'avoir autour de soi des gens de franc-parler, prêts à assumer ce boulot délicat. J'ai donc réécrit une bonne partie du livre, puis toute fière, je l'ai remis au jeune auteur Charlie Bregman, mon mentor en auto-édition, qui m'a donné de précieux tuyaux pour le rythme du récit. J'ai enfin soumis deux exemplaires à Sarah et Marianne, anciennes collègues journalistes... qui ne sont pas arrivées au bout !

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Pourquoi pas, plutôt... Après une expérience peu "dans le dialogue" avec un éditeur professionnel, une grande fille indépendante comme moi ne pouvait que se jeter sur les nouveaux outils à disposition des auteurs d'aujourd'hui : notamment la possibilité de glisser gratuitement son manuscrit sur des plateformes qui permettent à ses lecteurs de choisir entre version papier et version électronique, puis publier sitôt qu'on a terminé sans qu'on vienne nous dire qu'il faut ajouter une scène hot ou retirer un passage politiquement incorrect... L'auteur peut également choisir librement le prix qu'il estime juste, avec en corollaire non négligeable, le fait qu'il touche trois à sept fois plus de redevances que les 10, 8, voir 4% du prix de vente générés par son livre lorsqu'il passe par un éditeur classique où tout le monde (éditeur, imprimeur, diffuseur) se sert avant lui (sans lequel pourtant le livre n'existerait pas !)

Bien sûr l'auteur-entrepreneur doit faire son boulot... d'éditeur ! Un métier évidemment, même s'il l'apprend sur le tas. Il s'agit trouver pour le texte des relecteurs et un correcteur professionnel (fut-il électronique), de travailler avec un-e graphiste inspiré pour réaliser une couverture alléchante, de placer l'ouvrage correctement sur le site de vente (les robots d'Amazon ne sont pas très ouverts au dialogue non plus : un demi-millimètre de trop dans la couverture qu'on tente de leur faire gober et les voilà qui boudent, empêchant toute publication, la patieeeeence que ça demande !). Soutenu par les réseaux sociaux, l'auteur planche aussi en solitaire pour assurer la promotion et la diffusion de son BB, organiser des événements autour de lui; bon ça, faut avouer de toute manière que peu d'éditeurs - actuellement en mode survie - trouvent encore le temps de le faire !

Et quand je dis solo, c'est loin d'être exact :

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